Louis-Pierre Bougie & Les artistes des Ateliers Dufferin à la galerie Espace Dialogue

Deborah Davis, Cédric Bodin, Vincent Dubost, Faustine Escoffier, Lynda Gadoury, Andrée Hudon, Yong Sook Kim-Lambert, Yvan Lessard, Ansha Massé et Jean-Louis Moisan. 

Expo-vente présentée jusqu’en septembre 2024

Cédric Bodin, Pleine lune, Linogravure, 15 cm x 10 cm.

La nouvelle mouture de la galerie Espace Dialogue, en parallèle à l’exposition Nature humaine, met en lumière le travail du maître graveur Louis-Pierre Bougie ainsi que des artistes membres des Ateliers Dufferin, espace de création sherbrookois dédié à l’impression. Découvrez de nombreuses créations de ces artistes utilisant différentes techniques de l’univers de l’art imprimé. Peut-être vous laisserez vous tenter par une acquisition? 

À voir aussi
Poursuivez votre parcours aux Ateliers Dufferin pour découvrir ce lieu de création ainsi que d’autres œuvres des artistes membres des ateliers et de Louis-Pierre Bougie.
Heures d’ouverture des Ateliers Dufferin à partir du 24 mai 2024 :
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endredi, samedi et dimanche de 12h30 à 16h30


Démarche de l’artiste Deborah Davis
Nourrie depuis toujours par une forte pulsion créatrice, ma démarche artistique s’est construite d’une nécessité professionnelle autant que d’un enthousiasme et d’une curiosité personnelle pour toutes formes de pratiques.  Mon travail a évolué à travers une exploration continue de la matière et la recherche de nouveaux acquis techniques.

Travaillant l’estampe depuis plus de 20 ans, j’ai su me faire reconnaitre pour mon implication dans le domaine de l’estampe en Estrie. En 2021, j’ai fondé les Ateliers Dufferin, ateliers spécialisés en art imprimés. Outre la gestion,  j’ai  l’occasion d’y voir naître une communauté, d’observer des liens et des collaborations se créer, en plus d’avoir le privilège d’accompagner la relève, et, de transmettre ma passion. La présence des Ateliers au centre-ville m’invite naturellement à développer des partenariats avec les différents acteurs et actrices du milieu culturel.

Démarche de l’artiste Cédric Bodin
« En Art, tu deviens légitime dès l’instant où tu fais. »
Depuis le jour, il y a trois ans, où une amie m’a dit ces mots, je fais! Avec le temps, j’ai appris à faire plus pour moi, à me faire plaisir avant tout. Ma démarche est simple, naïve pour certains, c’est celle d’un néophyte, autodidacte à qui ça fait du bien… J’ai donc tout à essayer, tout à découvrir y compris une part de moi-même. Mon inspiration peut se trouver n’importe où et mes créations peuvent être, tantôt porteuses d’un message tantôt purement pratique, au gré de mes pensées, de mes besoins. Ma technique préférée est le croquis rapide, in situ, pendant de longues randonnées. J’ai découvert le monde de l’impression tout dernièrement grâce aux Ateliers Dufferin où je suis le petit nouveau. C’est un nouvel univers de jeu qui propose tant de techniques différentes que je me prends déjà à rêver de mélanges et d’hybridations.

Démarche de l’artiste Vincent Dubost
Ma pratique artistique s’inscrit dans une démarche de recherche et de partage. J’essaie de montrer à d’autres ce que je trouve beau, ce qui me touche, m’émeut, m’intrigue, dans un processus de va-et-vient entre réalité et imagination. Ma pratique, au départ purement figurative et réaliste, s’est doublée dernièrement d’une recherche liée à l’abstraction qui me permet une exploration plus libre de la ligne, des formes et de la couleur. La pratique de l’estampe, notamment par gravure en relief sur linoléum et en creux sur plexiglass est venue s’ajouter à mes mediums de prédilection, l’acrylique et l’huile, pour réaliser principalement des paysages, mais également des portraits et des scènes de genre ou encore des abstractions. Le processus de reproduction et de création alimente la connaissance du monde qui m’entoure par l’acuité que cette démarche nécessite. Je suis alors amené à observer dans le moindre détail les formes, les couleurs, les organisations, etc., même si finalement, elles ne sont parfois que suggérées ou évoquées. Étroitement liées à mon parcours de vie, les thématiques que j’explore actuellement sont la mémoire et l’oubli, la
disparition et les traces que l’on laisse.

Démarche de l’artiste Faustine Escoffier
Par la rencontre entre les médiums de la gravure, du livre d’artiste, de l’art de la fibre et de la peinture, ma pratique est motivée par la déconstruction de mon éducation matérialiste et sa mentalité hiérarchiste et extractiviste et par un désir d’horizontalisation du vivant dont je fais partie. J’explore des moyens, des croyances et des utopies qui permettent et inspirent une relation de réciprocité*. Concrètement, ma pratique m’amène dans les champs ou la forêt où j’observe, cultive ou récolte certaines de mes matières premières. J’apprends à extraire les pigments et les fibres qui deviendront couleurs, papiers ou fil. Aussi sensible à la beauté des matières délaissées ou rejetées, je collecte les vieux tissus et le bois abimé pour leur rendre leur utilité. * Je suis grandement inspirée par la biologiste autochtone Robin Wall Kimmerer, et l’herboriste Stephen Harrod Buhner.

Démarche de l’artiste Lynda Gadoury
Artiste curieuse des multiples techniques de gravure et de l’utilisation des médiums en transparence (encre, aquarelle) j’essaye, dans ma pratique artistique, de donner la place aux objets et aux êtres vivants, qui par leur singularité, proposent une réflexion sur leur importance dans nos espaces collectifs et privés et sur le privilège de côtoyer leur beauté. J’ai un parcours professionnel et militant sinueux et éclectique dont la ligne directrice repose essentiellement sur l’importance fondamentale que revêt dans ma vie et ma pratique, le collectif et la solidarité. Il est essentiel que ma création existe dans des lieux de partage de connaissances et d’expertise. C’est pour cette raison que je privilégie les espaces de travail collectif et collaboratif.

Démarche de l’artiste Andrée Hudon
De l’aquarelle au dessin, à la gravure, depuis quelque temps j’avoue privilégier la pratique de la gravure. S’approchant beaucoup du dessin mais ayant comme procédé : travailler la matière. Voir finalement l’impression, à chaque fois je m’ébahis par les formes, par ce qu’elles évoquent pour chaque personne qui la regarde. J’exploite différentes techniques pour en faire des œuvres plus libres tout en gardant une qualité calligraphique.

Je me laisse absorber par le paysage qui m’entoure, mon désir est de représenter ce que je vois comme je le vois à ma façon. Ma recherche révèle une quête identitaire dans mes rapports avec moi et la nature. J’affectionne particulièrement les arbres et les fleurs qui changent au gré des saisons. J’exprime leur force et leur beauté. Mon environnement en fait une place de choix. J’ai le plaisir de voir dans le moment présent. L’odeur de la nature, du papier, de l’encre, les textures en font ma motivation. Faire de l’art est un besoin, c’est ma façon de vivre.

Démarche de l’artiste Yong Sook Kim-Lambert
« En tant qu’expatriée et mère de deux enfants biculturels ayant reçu une éducation occidentale très différente de la mienne, j’ai depuis déménagé en Amérique du Nord constamment négocié mon identité et ma compréhension de moi-même. Depuis lors, j’ai canalisé cette exploration dans mon œuvre, qui sert de méditation sur le fait d’être à deux endroits en même temps, ou peut-être déchiré entre eux et donc pas complètement à l’un ou l’autre endroit ».

L’artiste coréenne-canadienne Yong Sook Kim-Lambert travaille simultanément dans des styles abstraits et figuratifs et applique parfois la technique de la gravure à son travail artistique et vice verse. Le désir d’intégrer la gravure et les techniques mixtes dans son travail est un aspect important de son développement artistique, à savoir l’exploration des qualités expressives des procédés et des matériaux.

Démarche de l’artiste Yvan Lessard
Depuis l’enfance, j’ai toujours travaillé de mes mains. Bricolage, construction, création sont dans tous mes meilleurs souvenirs. Mon parcours académique fut essentiellement axé vers les arts du secondaire à l’université où les arts techniques m’ont beaucoup attiré. J’ai débuté ma carrière artistique avec la gravure pour ensuite « flirter » avec la mosaïque et l’art céramique. Ma démarche actuelle débute souvent par une série d’esquisses couleurs que j’interprète autant en art céramique qu’en gravure. L’art pour moi est une transcendance de l’âme. C’est une photo de notre intérieur transposée en lignes, formes, textures et couleurs. C’est aussi une volonté de communiquer cette expression intégrée en un objet. Les mains et les yeux sont des éléments graphiques récurrents dans mes œuvres. Que ce soit une œuvre picturale, une pièce en céramique ou tout autre objet fait main, ce fragment d’âme est un lien privilégié entre les autres et moi.

Démarche de l’artiste Ansha Massé
Influencée par le land art et le biomorphisme, je tire mon inspiration de l’observation attentive des paysages qui nous entourent. Nous habitons un monde capable de nous offrir de magnifiques compositions, dans les formes des arbres, les motifs d’une spore de champignon, la texture du roc. J’observe quotidiennement et immortalise ces beautés éphémères à travers des photographies ou de simples esquisses. Je travaille par la suite avec ces formes pour créer des œuvres variées.

Par l’entremise de la peinture, la gravure, et la sculpture, je travaille à évoquer ces formes organiques, ces textures, ces motifs; j’espère rendre hommage à la fibre organique qui constitue ce monde naturel. Justement, ma pratique en gravure en est une d’exploration. Travailler avec un tel médium me permet d’user d’une variété de techniques traditionnelles, lourdes d’histoire, et de découvrir leur pertinence dans le monde d’aujourd’hui. La collection d’œuvres sur lesquelles je travaille depuis la dernière année est axée sur l’exploration de l’abstraction à travers la linogravure en réduction. Cette méthode particulière implique le travail individuel de chaque couche d’une composition, détruisant petit à petit la plaque de linoléum sur laquelle je travaille.

Habituellement, il s’agit d’une technique qui requiert planification et précision. Pour moi, cet élément risqué du procédé me contraint à travailler avec la matière de manière plus intuitive, rester à l’affut des changements que j’impose à ma composition et me laisser mener vers sa forme finale. En variant les manières dont j’imprime ma plaque sur le papier, les couleurs que je superpose et l’utilisation de certaines techniques mixtes, mon intention est d’évoquer l’essence de la matière vivante. Je compare sève et corps, le lien qui nous unis avec le monde que nous habitons.

Démarche de l’artiste Jean-Louis Moisan
Très jeune, je barbouillais partout et ma mère, couturière, avait remarqué que j’étais agile avec des ciseaux. Comme elle créait ses propres modèles de robe à partir de différents patrons, elle perdait beaucoup de temps pour découper, transférer et assembler ses patrons avant de coudre. Elle me confia cette tâche. 

Après 3 années de cours classique, j’ai quitté l’école, la famille et la ville de Rimouski pour me réfugier à Montréal. De 1969 à 1974, j’ai arpenté la rue St-Denis et le Vieux-Montréal à dessiner les bâtiments historiques que j’adorais. Comme il fallait un permis et que je n’avais pas le droit de vendre mes aquarelles sur la rue St-Amable, mes amis et moi nous prenions place sur les marches des longs escaliers de la rue St-Denis, aquarelles éparpillées ça et là et guitare en main, en attente d’un touriste généreux. 

Pendant 27 ans en tant qu’ingénieur en géomatique au gouvernement fédéral, j’ai touché à tout : travail du bois, cuir, vitrail, bijoux et j’en oubli.  J’ai construit mon propre atelier d’artiste : gravure eau-forte par respect de la technique traditionnelle des anciens graveurs que m’avait enseignée Guy Hamel.

Quelle est la définition d’un artiste? Celui qui est diplômé, qui fait carrière en art ou celui qui, du plus profond de son âme et son cœur, sait qu’il est né comme ça et qui n’y peut rien c’est inné chez lui? Je suis d’abord et avant tout un esprit logique et scientifique, du moins j’essais. J’observe et j’analyse de façon rationnelle. Toute représentation graphique se résume à 3 éléments ; le point, la ligne et la surface avec lesquels, suivant certaines règles, on crée des effets tels que la texture, le dégradé, la profondeur, la perspective, etc. Tel est mon approche artistique.